Publication de
l'Association québécoise des parents et amis de la personne atteinte de maladie mentale.
No 22,été 2002
     

Un logement adéquat,

est-ce possible ?

Dossier Social

 

 Tous sont d'accord : du logement social il n'y en a pas assez. Je ne le répéterai donc pas. Je préfère m'attarder à ce qui existe et exposer les ressources qui peuvent venir en aide aux personnes atteintes de troubles mentaux sévères et persistants en matière de logement. Parfois, à la sortie de l'hôpital d'une personne atteinte de maladie mentale, une question se pose : où ira-t-elle habiter ? Souvent, bien entendu, on se tourne vers la famille, mais lorsqu'elle ne peut héberger la personne atteinte, qu'arrive-t-il ? Inquiétude et culpabilité vont alors de paire.

Des ressources existent. Malgré tout ce que l'on entend autour de nous, la personne malade n'est pas systématiquement laissée à elle-même à la rue. Bien sûr, ceci est possible et on ne peut le nier. Un premier point important est le potentiel qu'a la personne à regagner un équilibre de vie, mais le point culminant est sa volonté à vouloir le faire.



On n'agit pas contre la volonté de la personne. Si son choix est de ne pas aller vers les ressources proposées, on ne l'y contraindra pas. Il y a cependant des cas où un ordre de cour oblige la personne à habiter dans un milieu qui la protégera.


Vers la fin de l'hospitalisation, une évaluation est faite par le personnel en travail social. À partir de cette évaluation et, selon le choix de la personne hospitalisée, une décision est prise. Selon son état, la personne pourrait être dirigée vers une famille d'accueil ou un appartement supervisé ou, bien entendu, retourner chez elle. Souvent, s'il n'y a pas de place disponible dans ces ressources, l'hospitalisation sera prolongée, sinon on aura recours à des ressources provisoires. La famille d'accueil s'adresse principalement aux personnes qui ont peine à s'occuper d'elles-mêmes. On tente de leur apprendre une certaine discipline de vie aussi simple que de se lever, s'habiller, se nourrir trois fois par jour, prendre adéquatement les médicaments, se laver, dormir. Finalement, l'usager n'a pas à se préoccuper des tâches domestiques quotidiennes, telles que faire l'épicerie, préparer la nourriture, faire le ménage, etc. ; il se préoccupe de lui-même.


On pourrait qualifier de seconde étape, en matière de logement et de réintégration sociale, l'appartement supervisé. Il s'agit ici d'une ressource qui exige que la personne démontre sa capacité à être suffisamment autonome pour s'occuper d'elle-même. Comme me le disait monsieur Benoît Marcotte, de la Maison L'Échelon, l'intervenant doit agir comme « comme un bon père de famille », tel que la loi définit cette expression. Tout ceci pour dire qu'il peut être appelé à aider l'usager à apprendre comment faire son lavage, son épicerie et parfois même à faire la cuisine. Son rôle va aussi au-delà de ceci. Par exemple, lorsque l'usager éprouve des problèmes, il peut l'aider à prendre la décision de se rendre à l'hôpital, sinon il peut intervenir d'autres façons, toujours dans le but d'aider ce dernier. Discrètement, il vérifie si les médicaments sont pris adéquatement, quoique ceci demeure aléatoire (d'ailleurs on s'en rendra compte bien assez vite).


En appartement supervisé on préconise la socialisation par différentes activités. Une des activités sont les repas communautaires préparés par les résidents : on apprend donc en groupe! Être occupé, aide énormément la personne à gérer ses intensités, donc à ne pas retomber dans ses pensées qui risquent de faire dégénérer sa situation (ça s'applique à tous, non ?). La ressource y contribue par ses activités, mais aussi par les références qu'elle donne à l'usager, car on lui suggère des activités vers d'autres ressources.
Toujours de la même ressource, monsieur Bernard Saulnier me disait que pour lui, habiter en appartement supervisé lui permet d'avoir un logement bien à lui, puis de savoir qu'il y a quelqu'un qui peut l'écouter lorsqu'il « délire ». Cette expression, bien propre à Bernard, signifie que lorsque ça va moins bien, il a quelqu'un avec qui parler. Mais il réalise bien que lorsqu'il est souffrant, l'intervenant ne peut pas tout faire pour lui, il ne peut que lui donner des pistes, mais déjà, c'est beaucoup.

Une autre ressource existe. Il s'agit de l'appartement relais. Dans ce cas, la personne vit dans un lieu qu'elle a choisi elle-même. Un intervenant fait un suivi auprès de la personne atteinte. Ce suivi est beaucoup moins fréquent qu'en appartement supervisé, sa fréquence étant d'au plus deux à trois fois par mois alors qu'en appartement supervisé il est hebdomadaire.  Il ne s'agit ici que d'un bref survol de la situation. Bien sûr il y aurait place à amélioration dans le système d'hébergement pour les personnes atteintes de maladie mentale, mais je crois que plutôt que de blâmer le gouvernement pour ce qui n'est pas fait, on devrait davantage s'attarder à ce qui l'est. Cela étant dit, « Avoir un logement à soi constitue le point de départ de l'organisation de la vie en société et une condition préalable à l'exercice de la citoyenneté. »1 Je pense que le rôle des ressources énumérées s'y emploie grandement. Aussi, je pense que respecter la marginalité des uns est important. On ne peut pas être tous « moulés » dans le même schème. Bien souvent on s'insurge contre l'itinérance, mais avons-nous pensé qu'elle peut être aussi parfois choisie, en particulier s'il n'y a pas de meilleure solution selon la personne qui en fait le choix.

Carole Damphousse

1Nouvelles pratiques sociales, Dossier : Le logement social et l'hébergement, Volume 14, numéro 2, décembre 2001, Presses de l'Université du Québec, page 21

 

Sommaire 

  • Un logement adéquat, est-ce possible?
  • Cabane à sucre
  • Sorties estivales

  • Semaine nationale de la santé mentale
  • L'expérience de l'entraide ( 2)

  • Mot de la Présidente
  • Petit mot pour l'AQPAMM

  •  Mouvement de la vie
  • Le bonheur... La souffrance...

  • Questions et réponse
  • Où trouver le bonheur?
  • Charte des droits


CABANE À SUCRE

Le 20 mars dernier, 25 membres del'AQPAMM ont participé à la sortie cabane à sucre. Chaque année cette activité s'avère très appréciée puisque les gens peuvent partager leur vécu dans une ambiance de fête. Plusieurs ont éliminé leur surplus de calories par la danse et une promenade dans la forêt.

Nous espérons que vous serez des nôtres l'année prochaine.

Diane Tardif, B.Sex.


SORTIES ESTIVALES

Si vous désirez vous joindre au groupe de l'AQPAMM pour des sorties: croisière, pique-nique ou autres, communiquez avec Diane Tardif ou Linda Bengivengo au 524-7131 pour donner votre nom.

Si l'art thérapie vous intéresse, une nouvelle session débutera en septembre.





 

André Boulerice
Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques
(514) 525-2501


 
 
 

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