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Trevor I . Prior, M.D. Ph.D. FRCPC Psychiatre, Alberta
Hospital Edmonton Directeur clinique, Edmonton Early Psychosis
Intervention Clinic Chercheur chevronné, Instituts de
recherche en santé du Canada Professeur adjoint, Département
de psychiatrie, Université de l'Alberta
La schizophrénie est une maladie mentale grave qui
peut avoir des conséquences dévastatrices pour
la personne touchée et les gens qui lui sont chers, en
particulier les membres de sa famille et ses amis. C'est également
une maladie chronique qui, dans la plupart des cas, doit être
traitée pendant toute la vie. Un traitement efficace comporte
de nombreux éléments, dont le principal reste la
médication. Nous avons eu la chance, depuis une dizaine
d'années, de voir apparaître de nouveaux médicaments
qui entraînent moins d'effets secondaires et sont aussi
efficaces ou même meilleurs que les médicaments
plus anciens. Malheureusement, les médicaments ne sont
pas parfaits et il arrive souvent que les personnes souffrant
de schizophrénie, pour diverses raisons, réduisent
la quantité de médicaments qu'elles prennent sous
prescription ou arrêtent tout simplement de les prendre.
La plupart du temps, il en résulte une réapparition
des symptômes. Ces rechutes peuvent, tout comme la maladie
initiale, causer des problèmes divers et graves. Le présent
article répond à certaines questions de base sur
l'omission de prendre les médicaments tels que prescrits.
C'est ce qu'on appelle la non-observance thérapeutique.
Les questions les plus fréquemment posées ont trait
à la fréquence de cette non-observance, aux raisons
pour lesquelles les gens décident de ne pas prendre leurs
médicaments, aux risques de cette nonobservance et à
certaines solutions proposées pour prévenir une
telle situation. Quelle est la fréquence de la non-observance
et pourquoi les gens ne prennent-ils pas leurs médicaments?
Il arrive fréquemment que, pour diverses raisons, les
gens à qui on a prescrit des médicaments décident
de ne pas les prendre tels que prescrits. Il convient de souligner
que la non-observance n'est généralement pas une
question de tout ou rien. Il s'agit plutôt d'une non-observance
partielle. Il faut également mentionner que cette non-observance
ne se limite pas aux personnes atteintes de troubles mentaux.
On pense que jusqu'à 25 pour 100 des patients qui n'ont
pas de trouble mental n'observent pas le traitement médicamenteux
qui leur a été prescrit1. Dans le cas de la schizophrénie,
le taux de non-observance est plus élevé : environ
40 % des patients n'observent pas leur traitement (le taux de
non-observance partielle est plus élevé, soit environ
75 %)2. De nombreuses raisons expliquent la non-observance totale
ou partielle : des symptômes positifs (par exemple, méfiance
à l'égard de l'équipe de traitement ou présence
d'illusions plaisantes que le patient ne veut pas perdre), le
système de traitement (par exemple, la prise de médicaments
est imposée ou constitue un rappel quotidien de la maladie),
le traitement luimême (des effets secondaires désagréables),
les interactions entre le patient et le soignant, les habitudes
du patient (par exemple, abus d'alcool ou d'autres drogues),
des facteurs sociaux (par exemple, l'attitude de la famille à
l'égard des médicaments) et des facteurs psychologiques,
comme la stigmatisation3. Quelles sont les conséquences
de la non-observance? La non-observance est l'une des principales
causes de rechutes de psychose4. Le taux de rechute peut être
jusqu'à quatre fois plus élevé chez les
patients qui n'observent pas leur traitement5. De plus, la non-observance
représente le plus important facteur du cercle vicieux
de la réhospitalisation, avec l'abus d'alcool ou d'autres
drogues. On a estimé que la non-observance dans les cas
de schizophrénie représente environ 40 % des coûts
annuels de la réhospitalisation. Il est difficile d'obtenir
des données précises; cependant, aux États-Unis,
on a estimé à 800 millions de dollars (de 1993)
le coût annuel des réhospitalisations causées
par la non-observance6.
Des rechutes peuvent survenir pour diverses raisons, notamment
l'absence de réponse à un médicament et
la consommation d'alcool et/ou de drogues illicites4, qui peuvent
reproduire ou aggraver des symptômes. Mais les rechutes
dues à la non-observance sont souvent plus graves et entraînent
des taux plus élevés de tentatives de suicide (et
d'autres actes de violence). En outre, les patients qui font
des rechutes prennent souvent plus d'un an pour retrouver leur
fonctionnement normal au sein de la société7. Les
coûts d'une rechute sont donc importants, durent parfois
longtemps et peuvent être particulièrement lourds
pour les patients qui ont des responsabilités professionnelles
ou familiales. Comment éviter la non-observance et les
rechutes? Étant donné les graves conséquences
de la non-observance, il est essentiel que toutes les personnes
souffrant de schizophrénie élaborent un plan avec
leur équipe de traitement en vue de réduire le
risque de rechute. L'une des façons les plus simples de
prévenir une rechute est d'éviter toute non-observance
totale ou partielle du traitement. Pour certaines personnes,
l'utilisation de distributeurs de comprimés ou de plaquettes
peut être un moyen efficace d'éviter la non-observance;
pour bien des gens, cependant, ces dispositifs ne suffisent pas.
Pour d'autres personnes, ils n'éliminent pas le rappel
quotidien ou même plus fréquent de leur maladie.
Pour cette raison, certains médicaments utilisés
pour traiter la schizophrénie sont offerts en préparations
à action prolongée qui sont administrées
par injection dans un muscle par un fournisseur de soins de santé,
par exemple une infirmière. Cette façon de recevoir
un médicament comporte plusieurs avantages : Premièrement,
si la personne n'observe pas le traitement, l'équipe clinique
le sait immédiatement (car l'injection n'a pas été
donnée) et peut donc intervenir promptement (en appelant
le patient ou un membre de sa famille, ou en effectuant une visite
à domicile). Comme les médicaments injectés
ne sont pas éliminés de l'organisme aussi rapidement
que cela se produit lorsqu'on arrête de prendre des comprimés,
une intervention peut avoir lieu avant qu'une rechute ne survienne.
Comme ces injections sont données une fois par semaine
ou à peu près, il n'y a pas de rappels constants
de la maladie, et la personne n'a pas à emporter un approvisionnement
de comprimés lorsqu'elle doit s'absenter de chez elle
pendant un certain temps. Et, chose surprenante, des études
ont révélé qu'une majorité de patients
qui reçoivent des injections préfèrent cette
voie d'administration8.
Résumé
Un traitement efficace de la schizophrénie exige de
prendre régulièrement des médicaments pendant
longtemps. Pour bien des gens, cela peut être difficile.
Pour certaines personnes, les injections représentent
une option intéressante et peuvent les aider à
rester en santé et à prévenir la réapparition
de symptômes.
Références
1. Cramer JA et Rosenheck R "Compliance with medication
regimens for mental and physical disorders" Pschiatr Serv,
46, 196-201 (1998)
2. Marder SR "Overview of partial compliance" J
Clin Psychiatry, 64(suppl 16), 3-9 (2003)
3. Fleishhacker WW, Oehl MA, Hummer M "Factors influencing
compliance in schizophrenia patients" J Clin Psychiatry,
64(suppl 16), 10-13 (2003)
4. Haywood TW, Kravitz HM, Grossman LS, Cavanaugh Jr JL, Davis
JM, Lewis DA "Predicting the revolving door phenomenon among
patients with schizophrenic, schizoaffective, affective disorders"
Am J Psychiatry, 152, 856- 861 (1995)
5. Fenton WS, Blyler CR,Heinssen RK "Determinants of
medication compliance in schizophrenia: empirical and clinical
findings" Schizophren Bull, 23, 637- 651 (1997)
6. Weiden PJ, Olfson M "Cost of relapse in schizophrenia"
Schizophren Bull, 21,
419-429 (1995)
7. Johnson DAW, Pasterski G, Ludlow JM, Street K, Taylor RDW
"The discontinuance of maintenance neuroleptic therapy in
chronic schizophrenic patients: drug and social consequences"
Acta Psychiatr Scand, 67, 339-352 (1983)
8. Kane JM "Strategies for improving compliance in treatment
of schizophrenia using long-acting formulation of an antipsychotic"
J Clin Psychiatry, 64(suppl 16), 34-40 (2003)
Dr Trevor I.
Prior
Le Dr Prior a d'abord été formé comme
biochimiste et a obtenu un doctorat de l'Université de
Cambridge en Angleterre. Il a poursuivi sa formation dans le
domaine de la recherche à titre de détenteur d'une
bourse de perfectionnement post-doctoral au laboratoire de biologie
moléculaire du National Cancer Institute des National
Institutes of Health à Bethesda, dans le Maryland. Après
son retour au Canada, il a reçu sa formation en médecine
à l'Université de Calgary et a effectué
sa résidence en psychiatrie à l'Université
de l'Alberta. Le Dr Prior est actuellement un chercheur chevronné
des Instituts de recherche en santé du Canada et professeur
adjoint au Département de psychiatrie de l'Université
de l'Alberta. Il fait partie de l'unité de recherche en
schizophrénie Bebensee et de l'unité de recherche
en neurochimie. Ses recherches portent principalement sur le
métabolisme des médicaments
utilisés pour traiter la schizophrénie, le rôle
des stéroïdes neuroactifs dans la physiopathologie
de la schizophrénie et l'utilisation de stimulants du
SNC (comme les amphétamines et d'autres médicaments
semblables) chez les patients psychiatriques. Le Dr Prior est
l'auteur de plus de trente articles, résumés et
chapitres de livres. Il exerce à l'Alberta Hospital Edmonton
et est directeur clinique de l'Edmonton Early Psychosis Intervention
Clinic.
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Sujets abordés
hiver et printemps 2005
Ateliers :
(à venir)
- janvier : Intervenir auprès d'un proche ayant
des idées suicidaires
- février : Surmonter les symptômes de stress,
d'anxiété et de dépression
- mars : Se donner un espace à soi par l'écriture
- avril : Comprendre les troubles de la personnalité et
leur impact sur l'entourage
- mai : Spiritualité et santé mentale
Conférences: (à venir)
Sur aspect légal (Requête pour un examen clinique
psychiatrique, testament et mandat d'inaptitude, curatelle) Troubles
de la personnalité
Mot du nouveau directeur général
Bonjour à
tous,
Tout d'abord,
je tiens à mentionner que je me sens très honoré
par la confiance qui m'est témoignée en me confiant
depuis le début du mois de novembre les rênes de
la direction générale de l'AQPAMM. Mes remerciements
s'adressent particulièrement aux membres du comité
de sélection, Mesdames Sabetta et Villeneuve ainsi qu'à
Monsieur Liard.
Mon bagage académique se compose d'une formation collégiale
en éducation spécialisée, d'un certificat
en gérontologie et d'un baccalauréat en travail
social. Je cumule plus de 17 ans d'expérience de travail
auprès des personnes atteintes de maladie mentales.
Avant d'accepter mes nouvelles responsabilités à
l'AQPAMM, j'occupais un poste cadre au Projet ARC qui était
un organisme communautaire offrant un programme de suivi dans
la communauté à des adultes aux prises avec des
problèmes graves de maladie mentale ainsi qu'un programme
de répit-dépannage aux familles et aux proches.
J'agissais à titre d'adjoint clinique.
À divers moments de ma carrière, j'ai été
confronté aux dures réalités que vivent
et parfois subissent bon nombre de familles ou de proches. Que
ce soit dans des centres d'hébergement de longue durée,
en milieu scolaire, en protection de la jeunesse, en violence
familiale, et en santé mentale, l'impact parfois dévastateur
de situations complexes et les souffrances, colères et
impuissance qu'ils produisent sur les familles et les proches
forcent mon admiration devant l'acharnement dont les familles
et les proches font preuve pour préserver les liens qui
les unissent à la personne atteinte de maladie mentale.
Il serait illusoire de chausser les souliers des personnes qui
m'ont précédé, de toute façon, ils
ne me feraient pas. Cependant, tous, à leur manière
ont tracé la voie et c'est sur cette voie que je continuerai
à faire progresser les aspirations des membres de l'AQPAMM
dans le respect de sa mission et avec le concours inestimable
de ses employés et bénévoles.
Au plaisir,
Denis Dupuis, t.s.
Directeur général
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